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Faut-il être entrepreneur aujourd’hui en France ?

Formalités administratives, niveau d’imposition, cotisations sociales…Il y a encore quelques années, la France faisait figure d’épouvantail pour l’initiative et s’affichait régulièrement à la traîne dans tous les classements internationaux des territoires où entreprendre. Est-ce toujours le cas ? Le mouvement des “pigeons” en septembre 2012 a notamment montré que beaucoup de progrès restaient à accomplir mais la situation a indéniablement changé, au point que récemment le magazine Forbes qualifiait le président E.Macron de “leader of the free market”. Une telle transformation de l’écosystème entrepreneurial est-elle possible en un délai aussi court ? Bref, c’est la question que beaucoup se posent : faut-il entreprendre aujourd’hui en France ? Décryptage.

Entreprendre en France : une baisse réelle de la pression fiscale

Un entrepreneur d’aujourd’hui aura clairement à supporter une pression fiscale inférieure à celle qui s’imposait à celui qui lançait son affaire il y a encore 4 ou 5 ans. Le Pacte de compétitivité et le Crédit impôt compétitivité emploi (CICE) ont certes bénéficié aux grandes entreprises, comme la Poste ou la grande distribution, mais aussi aux PME. De même, certains mécanismes ont permis d’accroître les possibilités d’intéressement: par exemple les Bons de Souscription de Parts de Créateur d’Entreprise (BSPCE) répondent à la fois aux besoins en matière de levées de fonds et de participation au capital social. Enfin, la pression fiscale des entrepreneurs a reçu plusieurs points de soulagement. Le prélèvement forfaitaire unique (PFU) permet de plafonner le cumul impôt sur le revenu/cotisations sociales sur les dividendes perçus. La suppression de l’Impôt de Solidarité sur la Fortune et son remplacement par un impôt de solidarité sur le patrimoine immobilier montre un plus fort attachement à l’initiative qu’à la pierre. Et enfin, la suppression de l’Exit tax est aussi un élément qui permet d’envisager sereinement la croissance de son entreprise, notamment à l’international.

Un cadre réglementaire plus souple pour les entrepreneurs

L’environnement réglementaire et législatif a aussi notablement évolué ces dernières années, sous les différents gouvernements qui ont partagé l’objectif de refaire de la France une terre “business-friendly”. La création du statut-autoentrepreneur, devenu micro-entrepreneur, permet de limiter au strict minimum les démarches lors de la créations d’entreprise, et parfois les cotisations liées à ce statut (par exemple dans le dispositif ACCRE de Pôle emploi). La loi ESS ou loi Hamon, a profondément remanié le secteur de l’entreprenariat social et solidaire, en pleine expansion en France. Enfin, les lois Travail en 2015 puis les ordonnances de 2017 ont permis de limiter les risques liés à l’embauche comme le recours aux prudhommes et les indemnités de licenciement. Embaucher devient ainsi plus facile. Le statut de l’entreprise elle-même est parfois rendu plus souple, par exemple avec la loi Pacte, qui ouvre la porte aux “entreprises de projet”, qui permettent d’entreprendre pour une mission définie, de façon plus légère. Néanmoins des lourdeurs subsistent, comme le système de publication d’annonces légales obligatoires dans les journaux d’annonces légales (JAL) habilités par le Ministère de la Culture et de la communication. Heureusement, dans ces cas-là, c’est l’initiative privée qui prend le relais pour alléger les formalités pesant sur les entrepreneurs grâce aux sites de rédaction et de publication en ligne des annonces de publicité légale.

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