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Conseils d'experts

Défaillances d’entreprises : les TPE en première ligne

L’année 2015 s’est mieux terminée qu’elle n’a commencé pour les entreprises. Le nombre de défaillances, c’est-à-dire d’impossibilité de paiement de leurs traites par ces dernières, a continué de baisser en octobre. Elles n’ont été « que » 62.163 à être incapables d’honorer des paiements, soit une baisse de 1,7% par rapport à octobre 2014. Sur les trois premiers mois de l’année 2016, le nombre de sociétés placées en procédure de sauvegarde, de redressement ou de liquidation judiciaire avait explosé,. Tout particulièrement celles qui ne comptent qu’un seul salarié. Selon une étude du cabinet Altarès publiée début juillet, le nombre de défaillances d’entreprises en France a baissé de 2,7% au deuxième trimestre avec 14.026 jugements prononcés. Dans le détail, les trois quarts des procédures sont ouvertes sur des micro-entreprises de moins de trois salariés.

Une situation plus difficile pour les TPE

Sur l’année 2015, la situation reste difficile pour les plus petites structures: les défaillances cumulées des microentreprises n’ont baissé que de 0,8%. Les PME ont en revanche vu leurs difficultés reculer de 7,8%. Les grands groupes et entreprises de taille intermédiaire sont clairement ceux qui profitent le plus de l’embellie: le nombre de défaut y baisse de 24,4%.  Il faut espérer que ces dernières, en meilleure santé, paient mieux et à temps leurs prestataires plus petits. Selon le gouvernement, qui a pris la lutte contre les retards de paiement à bras le corps, 25% des faillites d’entreprises sont liées à des retards de paiement, soit une défaillance sur quatre. Un phénomène qui fait disparaître majoritairement des TPE.

Par taille d’entreprises, les défaillances reculent pour l’ensemble des petites et moyennes entreprises (-0,8%), notamment les micro-entreprises (-0,5%), mais augmentent dans le segment des entreprises de taille intermédiaire et des grandes entreprises, de 14,3%.

Pour ces acteurs plus modestes luttent difficilement dans la bataille des prix, quand ils ont encore les moyens de la mener, celle – ci reste insuffisante pour gagner des marchés.

La restauration est plus touchée

Par secteurs, les défaillances diminuent particulièrement dans l’industrie (-6,4%) et la construction (-4,8%). Elles augmentent à l’inverse dans l’hébergement-restauration (+3,1%), l’information et communication (+3,4%), les transports (+3,8%) et l’agriculture (+4,2%).
Les difficultés financières des entreprises restent en outre à un niveau de long terme relativement élevé. L’indice reste au-dessus des 100 points, qui constitue le niveau moyen des défaillances depuis décembre 1991. Il a dépassé cette moyenne et s’est maintenu au-delà depuis 2008.
La Crise de 2008 : un impact encore visible sur les défaillances d’entreprises ?

L’accélération des défaillances des entreprises résidant en France en 2008-2010 a été précédée par une augmentation des créations d’entreprises en 2003-2004. Par conséquent, identifier l’impact de la crise économique et financière de 2008 oblige à dissocier, parmi les défaillances de 2008-2010, celles qui résultent de la crise et celles qui découlent mécaniquement de la démographie des entreprises, puisqu’on sait que beaucoup meurent durant leurs premières années d’existence.

Selon l’INSEE,  La proportion de défaillances imputables à la crise varie fortement d’un secteur à l’autre. Toutes cohortes confondues, elle aurait été de 27 % dans le commerce de détail, 35 % dans les transports, 43 % dans l’industrie et 46 % dans la construction. En particulier, les entreprises les plus jeunes, créées en 2006 et 2007, ont été les plus fragilisées par la crise.

Quels sont les risques liés à la défaillance ?

L’AFE définit les risques pour les entreprises en 5 points :

– Risque de re-création de l’activité à l’extérieur
Risque de perte de substance dans l’entreprise
Risque de départ d’un cadre et de son équipe et de perte de savoir-faire
Risques attachés aux stocks
Risques d’insuffisance d’actif ou de création d’un passif ayant pour origine la gestion antérieure
Risques attachés à la cession progressive de l’entreprise

Que faire pour éviter ces risques ?

On conseille souvent aux créateurs de « s’entourer ». Encore faut-il savoir comment ! N’oubliez jamais que le principal juge est le client. L’avis des proches doit se limiter au consultatif. Les données factuelles que vous obtenez à partir des études réalisées sur le terrain restent les seules réellement fiables. Attention, un succès inattendu peut entraîner l’échec si l’entreprise n’a pas les moyens de soutenir le développement de la clientèle. N’hésitez pas à voir loin, et prévoir les deux cas de figure, le succès comme l’échec. Posez-vous les bonnes questions : que serait le succès pour votre entreprise ? Comment seriez-vous en mesure de l’accompagner ? Qu’est-ce qui identifierait l’échec ? Quelle serait la stratégie à suivre en cas d’échec ? Alors autant analyser son échec avec objectivité pour éviter qu’il ne se reproduise. Pour ce faire, il est impératif de pouvoir identifier clairement les facteurs à l’origine du ratage  : manque de notoriété, étude de marché trop succincte, plan commercial déséquilibré, secteur hyper concurrentiel….

Se servir de  l’échec pour mieux rebondir

Oubliez toutes les connotations négatives qui entourent l’échec. Évidement, un échec n’est pas une réussite, mais il peut aussi être un formidable tremplin. Si vous avez commis un faux pas, rassurez-vous : vous n’êtes pas le premier, et certainement pas le dernier.

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