. Clovis, l’entrepreneur conquérant que l’on ne range pas dans une case ! - LEG un pied dans mon entreprise -
Paroles d'entrepreneurs

Clovis, l’entrepreneur conquérant que l’on ne range pas dans une case !

Si l’on ne devait retenir qu’une seule chose de cette interview c’est qu’être entrepreneur ne s’invente pas, enfin, pas pour Clovis. Certains y sont poussés par la conjoncture, les rencontres, et doivent apprendre à le devenir en se faisant violence. Pour d’autres au contraire, cela est ancré au plus profond de ce qu’ils sont. Ils se connaissent et savent que cette envie irrépressible de liberté et de création leur ressemble, qu’ils sont faits pour cela, et malgré les difficultés, ils ne renoncent pas pour atteindre ce vers quoi ils pensent devoir aller.

Ils sont entrepreneurs mais n’hésitent pas à aller de l’avant en créant encore !

Place à l’échange avec Clovis, qui est de ceux là et essayons en toute simplicité de rentrer dans le quotidien d’un créateur d’entreprise.

Bonjour Clovis, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Clovis : Bonjour, je m’appelle Clovis Madelin, j’ai 27 ans et je suis actuellement designer indépendant depuis presque trois ans.

J’ai commencé par une formation professionnelle (CAP) en ébénisterie, jusqu’au diplôme des métiers d’arts (DMA). Après quoi je souhaitais poursuivre dans la création industrielle, pour du mobilier initialement. Je me suis orienté vers le design, en spécialisation produit.

Tu es donc déjà entrepreneur ! Quel genre de créations créés-tu et dans quel domaine ? Car le design c’est beaucoup de choses finalement !

Clovis : Effectivement ! Je travaille essentiellement pour de la mise en avant de produits en collaboration avec les services marketing des entreprises qui font directement appel à moi ou pour des agences. Je créé des packs, des vitrines, des supports pour les produits ou des espaces de vente. C’est pas forcément facile de se représenter mon boulot lorsque l’on n’y connait pas grand chose, c’est immatériel. Pour avoir un aperçu de ce que je fais vous pouvez vous rendre sur mon site. Et je suis free-lance.

 

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Des produits designés par Clovis

 

 

 

Justement, j’allais y venir, en tant que free-lance comment as-tu fait pour approcher tes clients et pérenniser ton activité ? J’imagine que tu ne rencontres pas tes clients régulièrement en face à face, comment vous organisez-vous ?

Clovis : J’ai fait deux ans d’alternance chez Moët Hennessy, c’est dans le groupe que j’avais rencontré la plupart des gens avec qui je travaille aujourd’hui. Je vois mes clients régulièrement si, lors de déjeuner ou réunions. Enfin, pas tous les jours quand même. Sinon on échange par email ou par téléphone. Il n’y a pas d’organisation spéciale, au lieu d’être dans le bureau d’à côté, je suis à quelques kilomètres quoi ! Mon activité n’est pas pérennisée, je ne maîtrise pas mon carnet de commande, et rien n’engage mes clients à continuer à travailler avec moi.

Si je calcule bien, tu avais 24 ans quand tu t’es lancée en tant que free-lance. Comment t’es venue cette envie de développer ton activité ?

Clovis : J’ai toujours eu la trouille du salariat, tu sais quand tu vas au travail avec la boule au ventre ! A la fin de mes études, il était temps de commencer à chercher un emploi. J’avais pas mal d’appréhensions sur les démarches que j’allais devoir entreprendre et les futurs entretiens à passer …  La conjoncture n’est vraiment pas bonne pour les jeunes diplômés. Je n’avais pas envie. Par contre, j’avais la possibilité de me lancer en indépendant. La providence et le soutien de mes proches ont fait le reste.

J’ai entendu dire que tu commençais à travailler sur un nouveau projet. Peux-tu nous présenter en quelques mots ce que tu vas faire et pourquoi tu décides de changer d’activité ?

Clovis : Pour plusieurs raisons ! Il faut être assez pragmatique tu sais. Mon activité actuelle n’est pas durable. Si je veux la faire perdurer, il faudrait la transformer en agence de design, ce qui sous-entend que je devrai m’associer et recruter des effectifs. Alors c’est sûr, je pourrais continuer comme ça encore un peu, mais je m’efforce d’avoir une vision d’avenir, je cherche à construire quelque chose qui ait du sens et de la valeur.

Qu’est-ce que tu veux dire par là ?

Clovis : Je ne vends que du temps et des compétences, c’est totalement immatériel et ça ne se transmet pas. Tu vois je ne fais pas de produits avec une valeur intrinsèque, je n’ai pas de fonds de commerce, pas de marchandises ou produits manufacturés. Je suis un peu comme un papillon, éphémère, et après moi il n’y aura rien. Il est temps pour moi d’aller plus loin et de fonder une entreprise qui ait une réelle valeur. J’ai envie d’être dans le concret !

« Je suis un peu comme un papillon, éphémère, et après moi il n’y aura rien. Il est temps pour moi d’aller plus loin »

Je sais que tu n’en es qu’aux prémices de ton nouveau projet mais peux-tu juste nous dire dans quel secteur tu souhaites te lancer à présent ?

Clovis : Je suis issu d’une région viticole et j’ai toujours eu envie de produire une boisson noble. Donner du sourire et du bon temps, façonner un produit respecté. Ces derniers temps, il m’arrivait souvent de me dire que j’avais loupé ma vocation. Je travaille actuellement pour le secteur des vins et spiritueux, finalement je ne m’en suis pas trop éloigné. Avec un proche, nous avons décidé de lancer une nouvelle marque de bière, je mets donc le design de côté. Nous prévoyons de la produire et de la commercialiser.

Ce sera en plus un bon moyen de faire de sacrées économies sur notre consommation personnelle !

Tu changes radicalement de voie alors ?

Clovis : Pas tant que ça, j’ai beaucoup travaillé pour d’autre marques. Ca me plait de le faire à présent pour la nôtre !

Avez-vous déjà choisi la forme juridique de votre entreprise ? Si oui, pourquoi avez-vous choisi celle-là ?

Clovis : Nous partons en SARL. Nous avions le choix entre la SARL ou la SAS. Le problème avec la SAS c’est qu’il faut être salarié de sa propre entreprise. En gros, tu te fais un contrat de travail à toi-même. Les premières années qui suivent le lancement d’une boîte il faut rentabiliser les investissements, il est donc difficile de se verser des gros salaires. Si l’inspection du travail passe et constate que nous travaillons beaucoup trop d’heures pour un salaire modeste, ça ne va pas le faire.

En revanche en SARL nous aurons affaire au RSI, et ce n’est pas triste …

Comment t’es-tu associé ? Une envie d’entrepreneuriat de longue date pour lui aussi ? Pour l’instant, comment vous répartissez-vous les tâches ?

Clovis : C’est venu comme ça, de manière naturelle. Mon associé a toujours eu cette envie. Pour ma part ça me permet de rester loin du salariat donc c’est parfait. Nous avions la même vision des choses, les mêmes envies et les mêmes valeurs donc ça n’a pas été difficile de nous lancer dans ce projet ensemble. Et pour l’instant, ça colle plutôt bien ! Nous avons aussi des compétences complémentaires, et ça c’est une force. Avec mon recul de free-lance, je mesure à quel point l’aventure est différente à plusieurs.

En ce qui concerne la répartition du travail, nous n’en avons pas encore, c’est à l’initiative de chacun. Donc c’est vrai que c’est un peu flou. Nous avons juste un rétro-planning, le tout c’est de le respecter d’une manière ou d’une autre. En revanche lorsque la machine sera lancée, il faudra que chacun tienne son poste. Nous avons encore un peu de temps devant nous pour nous organiser !

« Nous avons aussi des compétences complémentaires, et ça c’est une force »

Êtes-vous aidés par un réseau entrepreneurial, une association d’aide à la création d’une entreprise … ?

Clovis : Nous avons fait appel à une association qui aide les entrepreneurs locaux oui. Nos interlocuteurs sont là pour nous donner des conseils tirés de leur propre expérience entrepreneuriale, et ils en ont ! Ils connaissent par ailleurs le droit ainsi que le fonctionnement des organismes publics. Toutes ces personnes souhaitent mettre à profit leurs expériences respectives pour aider les jeunes entreprises. Comme ils ne peuvent pas aider tout le monde, ils choisissent les projets qui leur paraissent intéressants. Nous les avons rencontrés, il ont été plutôt enthousiastes à la vue de notre projet. Nous les rencontrons donc bientôt de nouveau.

Quelle est votre plus grosse difficulté actuellement ?

Clovis : Pour l’instant nous n’avons pas vraiment de grosses difficultés. Mais ça va venir ne t’inquiète pas ! Dès que nous aurons un local et l’équipement nécessaire pour produire, là ça va commencer. C’est comme en montagne, tu te prépares ainsi que le matériel que tu vas utiliser, ensuite tu fais une marche d’approche tout ça tout ça … Au final, les choses sérieuses et les vraies difficultés d’une ascension commencent lorsque tu franchies la rimaye.

Comment se passent tes journées d’entrepreneur en devenir ?

Clovis : Nous avons encore chacun notre travail respectif. Nous essayons donc de dégager du temps pour faire avancer notre projet ce qui n’est pas toujours facile mais pour l’instant nous y arrivons.

Il ne faut pas avoir peur de prendre de son temps personnel quand on se lance !

Nous pourrions sûrement faire avancer le projet beaucoup plus rapidement si nous arrêtions tout de suite notre travail actuel mais nous constatons que le fait de ne pas passer nos journées à penser au projet nous permet de prendre du recul. Nous ne prenons aucune décision à la hâte, nous avons le temps de réfléchir à chaque orientation en la mûrissant.

Qu’est ce que l’on peut te/vous souhaiter ? 

Clovis : (Rires) Que tout se poursuive comme cela a commencé !

 

Clovis fait partie de ces personnes qui forcent l’admiration en entreprenant sans trop se poser de questions, juste parce qu’ils se connaissent et savent qu’ils ne pourraient pas vraiment faire autrement finalement. Le salariat n’est pas fait pour eux, ils le reconnaissent en toute franchise et se donnent les moyens de ne pas y avoir recours. Le parcours est pourtant chargé d’embûches – surtout lorsque l’on est jeune -, mais l’envie et les valeurs bien présentes c’est le principal. 

Pour l’instant pour Clovis ça a l’air de plutôt pas mal se passer, on ne lui souhaite que de continuer sur cette voie et de s’épanouir dans ce nouveau projet ! A bientôt très certainement autour d’une bonne mousse !

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