. Comment j'ai réussi à sauver mon couple au travail
La chronique du LEG

Comment j’ai réussi à sauver mon couple au travail

Travail et couple, un équilibre à trouver

Concilier vie de boulot et vie intime est bien souvent un exercice périlleux

De cet équilibre à trouver résulte souvent de nombreuses situations comparables à du jonglage sur un fil suspendu. Préserver son couple tout en restant focus sur ses objectifs professionnels n’est déjà pas chose aisée. De surcroît si le conjoint partage votre vie au travail.

Selon une étude de la société Monster, près de 30% des couples se forment sur le lieu de travail. Sandrine témoigne :  » ce n’était pas évident de se l’avouer au début et pourtant cela sonnait comme une évidence. A force d’échanger sur les dossiers, une attraction naturelle s’est petit à petit créée entre Jean Marc et moi.

Tout les matins en me réveillant je pensais à lui et au bonheur de pouvoir le retrouver. » Pourtant, après les premiers jours de l’idylle, les premières difficultés surviennent : « Nous avions peur que le comité l’apprenne il fallait rester discret », confie-t-elle.

Les blagues au travail sont souvent celles où l’on se force à rire

Les collaborateurs sont loin d’être dupes. Les premiers bruits de couloirs à la machine à café ne se font pas attendre. Entre messes basses et blagues infantiles chuchotées (mais tout de même audibles), Sandrine décide de crever l’abcès. « Je pense que je m’en rappellerais toute ma vie. Un soir, Je profite des bureaux vides pour aller en parler à Monsieur Latoux notre directeur. Je lui avoue que Jean Marc et moi c’était quelque chose de sérieux mais que nous saurions rester professionnels en toutes circonstances. Ma voix était chevrotante, je nous vous cache pas que pour oser dire cela, il fallait du cran. »

Feignant la suprise, Monsieur Latoux  a mis du temps avant de trouver la cohérence qu’il souhaitait  dans ses propos pour m’expliquer qu’en effet, seule lui importait la bonne marche de la société et qu’en aucun cas il ne pouvait nous empêcher de  nous aimer ». Je ne vous cache pas que sa réaction m’a plutôt suprise et touchée.

La pression sociale au travail détruit petit à petit

Pourtant, Jean-marc et moi avons continué de faire comme si de rien n’était pendant encore quelques mois. Sans doute plus par jeu de séduction, car dorénavant il était clair que cela relevait plus du secret de polichinelle. Tout le monde était au courant et comme chacun sait, la vie de travail est souvent source d’ennui. Nous étions la petite attraction.

Certains collègues devenaient franchement un peu « lourdingues-beaufs » avec leurs blagues désobligeantes du style :

« Bon Jean-Marc et Sandrine, on vous laisse tous les deux en salle de réunion mais ne faites pas trop de bruit hein »!

Il a fallu en recadrer certains. Mais pire encore que les remarques façon « Jean Caude Convenant »,  c’était la jalousie naissante de certains. Myriam m’a rapporté qu’un tel avait dit que notre situation nous avantageait et nous rendait plus puissants au sein de l’organigramme. Ce qui était totalement faux bien évidemment.

Côté vie perso, je ne cache pas non plus qu’à force d’être tout le temps l’un sur l’autre, le matin la journée le soir et la nuit, nous n’avions plus de sas de décompression. Les premières tensions sont apparues. Nous n’étions plus très objectifs sur le travail de l’un et de l’autre. Les rumeurs incessantes à notre propos finissaient peu à peu par nous affaiblir et nous rendaient vulnérables. Certains matins, nous arrivions tout deux au travail avec la boule au ventre. Il fallait que quelque chose change.

rencontre sur lieu de travail
Il était temps de fuir la bêtise humaine

Soucieux de préserver la belle histoire que nous avions construite depuis presque un an, JM et moi avons donc pensé à une solution alternative : nous avions tout deux une certaine expérience du terrain et un goût prononcé pour les nouveaux défis. C’est là que s’est posée pour la première fois l’éventualité de l’entreprenariat.

Nous en parlions beaucoup le soir et Jean Marc ne se cachait plus quand à la volonté de se mettre à son compte et de se lancer à l’aventure de la création d’entreprise. Le projet a mis un peu de temps à mûrir. Entre business plans,  demandes de prêts bancaires et formalités juridiques effectuer, nous avons compris combien se lancer dans un tel projet prenait partie intégrante de notre temps.

Mais j’aimais participer activement à ce nouveau défis. Jean Marc est un piètre comptable et comptait sur moi pour ne pas le laisser pour compte, sans mauvais jeu de mot. Il a donc créé une SARL dans le domaine de la formation à la vente. En quelques mois le succès ne s’est pas fait attendre. Nous étions les associés d’une nouvelle boîte qui cartonnait ! J’avais néanmoins gardé mon poste et le week-end je passais quelques heures à faire un peu d’administratif pour soulager JM. Il serait temps pour moi de démissionner, mais un peu plus tard.

Je ne regretterai jamais d’avoir sauté le pas

Nos rapports s’en sont retrouvés grandis. Nous avions le sentiment d’être invincibles ensemble. Je reconnais également qu’avoir des choses à se raconter le soir sur nos jobs respectifs était un peu plus passionnant que de se rabâcher les mêmes soucis communs que nous pouvions rencontrer lorsque nous travaillons ensemble.

Un petit bout de chou dans les tuyaux

Nous sommes désormais en couple depuis 3 ans. Un heureux événement se prépare à s’immiscer dans notre vie commune. Si j’avais su qu’enfant,  je tomberai folle amoureuse de celui avec qui je partageais mon bureau … Nous avons réussi à traverser ces quelques épreuves de la vie commune au travail. Je peux dorénavant affirmer que notre volonté commune de créer une entreprise nous a permis de mieux nous épanouir et de redonner du sens à notre histoire. Aujourd’hui je suis enceinte depuis 6 mois et je serai fier de dire à mon fils que son père est un entrepreneur qui a tout plaqué pour son job … mais aussi pour moi !

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